
En manchette…
Audience au sujet du juge Claude Fortin
Presse Canadienne
Québec
Le lundi 25 novembre 2002
Le cas du juge municipal Claude Fortin est sans précédent
en matière disciplinaire au Conseil de la magistrature.
D'autres juges ont déjà été accusés
de conduite avec les facultés affaiblies, mais ils
ont plaidé coupable et les tribunaux n'ont donc pas
qualifié leurs explications d'invraisemblables et de
déraisonnables comme ils l'ont fait pour le juge Fortin.
Normalement, d'après la jurisprudence, une seule infraction
pour conduite avec les facultés affaiblies entraîne
une réprimande au juge concerné.
Compte tenu qu'en plus, la crédibilité du juge
Fortin a été sévèrement critiquée,
tant par le juge de la Cour du Québec que par les trois
juges de la Cour d'appel, le procureur du comité de
discipline du Conseil de la magistrature, Me Michel Jolin,
a invité lundi ses cinq membres à envisager
l'éventualité de recommander une destitution.
Évidemment, l'avocat du juge, Me Louis Masson, n'abondait
pas du tout dans le même sens. S'abstenant de commenter
les jugements de droit pénal rendus dans le dossier
du juge Fortin, son avocat a reconnu que les circonstances
commandent l'imposition d'une sanction, mais sans atteindre
le seuil proposé par Me Jolin. Une réprimande
serait déjà une sanction très grave,
estime Me Masson.
L'avocat du comité de discipline présidé
par le juge Jacques Lachapelle a ajouté que le juge
Fortin n'a exprimé aucun regret. Ceci n'est toutefois
guère surprenant car le magistrat municipal avait révélé
quelques minutes plus tôt qu'il a mandaté un
avocat pour porter sa cause en Cour suprême.
Au cours de son témoignage, le juge Fortin s'est abstenu
lui aussi de commenter les jugements de la Cour du Québec
et de la Cour d'appel qui l'ont déclaré coupable
de conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool.
Brossant un tableau de sa carrière, l'intimé
de 58 ans a déclaré qu'en 34 ans comme avocat
et 14 ans comme juge municipal, il n'a jamais fait l'objet
d'une seule plainte autre que celle à laquelle il fait
présentement face.
Aussi membre du Tribunal des droits de la personne de 1993
à 1998, le juge Fortin n'entend plus de cause de conduite
avec facultés affaiblies depuis qu'il en a lui-même
été accusé, en 1998.