
MADD Canada - Communiqués
Le 28 mai 2004
APPEL À L’ACTION SUR LA CONDUITE AVEC FACULTÉS
AFFAIBLIES
MADD Canada (Les mères contre l’alcool
au volant) exhorte le Parlement à apporter les modifications
qui s’imposent à la loi fédérale
en matière de conduite avec facultés affaiblies
dans les 18 premiers mois du mandat du nouveau gouvernement.
Les partisans de MADD Canada demandent au gouvernement fédéral
et à tous les membres du Parlement de donner suite
aux trois initiatives politiques suivantes.
No 1 Adoption d’une nouvelle infraction relevant
du Code criminel établissant une limite de 0,05 % du
TA ainsi que des sanctions visant à réduire
les décès imputables à la conduite avec
facultés affaiblies et rendre les routes plus sécuritaires
pour tous les automobilistes.
L’utilité d’une limite de 0,05 % du TA
en vertu de la loi fédérale est évidente
sur plusieurs plans. D’abord, cette mesure sauverait
des vies. Selon une étude du Centre de toxicomanie
et de santé mentale, une limite de 0,05 % du TA se
traduirait en une diminution annuelle d’entre 185 et
555 décès au Canada. Une limite de 0,05 % du
TA entraînerait une réduction du TA de tous les
conducteurs, ce qui contribuerait à rendre les routes
plus sécuritaires pour tous les automobilistes. De
surcroît, une limite légale de 0,05 % du TA coïnciderait
davantage avec l’expérience concrète récente
dans la lutte contre la conduite avec facultés affaiblies,
les preuves médicales prépondérantes
relatives à l’incidence de l’alcool sur
la conduite et à la limite jugée raisonnable,
à l’échelle internationale, pour protéger
le public des risques associés à la conduite
avec facultés affaiblies. Finalement, la limite de
0,05 % jouit de l’appui de la vaste majorité,
soit quatre Canadiens sur cinq.
La proposition de MADD Canada visant la création d’une
nouvelle infraction relevant du Code criminel entraînerait
l’adoption de mesures permettant de retirer les conducteurs
affichant des TA de 0,07 % ou plus des routes. Un conducteur
aux facultés affaiblies serait passible d’une
contravention pour une infraction punissable sur déclaration
de culpabilité par procédure sommaire. Une première
infraction serait passible d’une amende de 300 $ et
d’une interdiction de conduite fédérale
de 45 jours. Toute récidive serait passible d’une
amende de 600 $ et d’une interdiction de conduite fédérale
de 90 jours. Un individu pourrait payer l'amende et s'abstenir
de conduire pendant 45 jours sans avoir à comparaître
devant un tribunal. Pourvu que le contrevenant ne soit pas
reconnu coupable d’une nouvelle infraction de conduite,
la violation de la limite de 0,05 % du TA serait rayée
de son dossier après deux ans.
Cette nouvelle infraction établissant une limite de
0,05 % du TA permettrait aux policiers de retirer les conducteurs
aux facultés affaiblies de nos routes de façon
plus efficace et avec plus de rigueur tout en veillant à
ce que nos tribunaux ne soient pas inondés de cas de
conduite avec facultés affaiblies. Cette mesure ferait
en sorte que la limite légale prévue par la
loi fédérale coïncide avec la limite reconnue
à l’échelle internationale. De surcroît,
cette infraction de conduite avec un TA de 0,05 % transmet
un message sans équivoque à tous ceux qui conduisent
en état d’ébriété : Le gouvernement
fédéral prend la sécurité routière
au sérieux.
No 2 Accroître les pouvoirs des policiers afin
d’améliorer leur capacité d’appréhender
et d’inculper les conducteurs aux facultés affaiblies.
La crainte d’appréhension et d’inculpation
pour conduite avec facultés affaiblies est si minime
que beaucoup trop de Canadiens continuent à conduire
avec une alcoolémie supérieure à la limite
légale. Il est estimé qu’uniquement un
déplacement avec facultés affaiblies sur quatre
cent quarante-cinq résulte en une accusation criminelle.
Les policiers doivent disposer des outils nécessaires
(y compris les technologies courantes) pour détecter
et appréhender les conducteurs aux facultés
affaiblies. Afin d’assurer l’application efficace
de la loi et la poursuite rigoureuse des contrevenants, les
policiers doivent disposer de l’autorité légale
nécessaire et ils doivent avoir accès à
un processus de mise en accusation rationalisé.
De surcroît, MADD Canada demande expressément
au Parlement de conférer aux policiers le droit d’exiger
des échantillons d’haleine et/ou de sang de tout
conducteur impliqué dans une collision causant la mort
ou des lésions corporelles. Ce pouvoir ne devrait pas
exclure les personnes ayant besoin de soins médicaux,
c’est-à-dire, les policiers devraient également
avoir le droit de demander ces échantillons en milieu
hospitalier. Étant donné que 40 % de tous les
décès routiers sont associés à
l’alcool, cette demande est raisonnable. (Une étude
récente menée en Colombie-Britannique révèle
qu’uniquement 11 % des conducteurs aux facultés
affaiblies transportés à l’hôpital
ont fait l’objet de condamnation.)
No 3 Résolution des questions relatives à
la détermination des peines pour conduite avec facultés
affaiblies qui tournent le système judiciaire canadien
en dérision.
MADD Canada revendique l’élimination du recours
aux peines d’emprisonnement avec sursis pour les crimes
de conduite avec facultés affaiblies causant la mort
et de conduite avec facultés affaiblies causant des
lésions corporelles. Les tribunaux canadiens imposent
fréquemment des peines d’emprisonnement avec
sursis aux contrevenants reconnus coupables de crimes de violence.
L’intention du Parlement n’a jamais été
d’imposer de peines d’emprisonnement avec sursis
pour les crimes de violence. Or, dans le contexte de la conduite
avec facultés affaiblies causant la mort ou des lésions
corporelles, il est essentiel que la peine soit adéquatement
proportionnelle à la gravité du crime et qu’elle
reflète réellement la valeur d’une vie
humaine.
MADD Canada revendique également l’élimination
des défenses « Dernier verre » et «
Carter » invoquées par les conducteurs aux facultés
affaiblies. Le Canada est le seul pays permettant le recours
à ces deux défenses intéressées
selon lesquelles il incombe à la Couronne de prouver
l’exactitude des analyses de l’alcoolémie
des accusés. Selon la défense Carter, l’avocat
de la défense convoque un toxicologue pour appuyer
le témoignage de l’accusé (« Je
n’ai pris que deux verres ») et ces témoignages
annulent les preuves de l’alcoolémie de l’accusé
déposées par la police. Selon la défense
Dernier verre, un toxicologue est convoqué pour réfuter
les résultats de l’analyse de l’alcoolémie
du conducteur. Dans le cadre de cette défense, l’accusé
avoue avoir consommé une grande quantité d’alcool
juste avant de prendre le volant et soutient que, au moment
de son arrestation, son organisme n’avait pas encore
eu le temps d’absorber l’alcool. Ces deux défenses
allient le témoignage de l’accusé au témoignage
d’un toxicologue pour réfuter les preuves déposées
par la police. Il s’agit en l’espèce de
défenses fallacieuses permettant aux suspects avec
les moyens d’engager un avocat et un toxicologue d’échapper
à la justice.
*** *** ***
La conduite avec facultés affaiblies est la première
cause criminelle de décès au Canada. En moyenne,
elle tue 4 Canadiens et blesse grièvement 200 Canadiens
chaque jour. Le crime de la conduite avec facultés
affaiblies devrait constituer un dossier prioritaire du nouveau
gouvernement. Les partisans de MADD Canada demandent à
tous les députés de s’engager sans équivoque
à élaborer un plan exhaustif pour aborder les
pertes de vies et les coûts sociaux imputables ce crime.
MADD Canada exhorte le gouvernement fédéral
à adopter une démarche globale de lutte contre
le crime de la conduite avec facultés affaiblies. Il
existe plusieurs types de conducteur aux facultés affaiblies
: les buveurs mondains, les buveurs occasionnels excessifs,
les toxicomanes alcooliques invétérés
ainsi que les jeunes. Si le gouvernement fédéral
désire faire une différence appréciable
au chapitre des décès et blessures imputables
à la conduite avec facultés affaiblies, il doit
préconiser une démarche apte à cibler
tous les types de conducteurs aux facultés affaiblies.
Dans le cadre d’une telle démarche, le gouvernement
doit réexaminer les infractions pertinentes relevant
du Code criminel, améliorer les capacités des
services policiers à faire valoir la loi, éliminer
certaines défenses fallacieuses et éliminer
le recours aux condamnations avec sursis pour les contrevenants
reconnus coupables de conduite avec facultés affaiblies
causant la mort ou des lésions corporelles.
MADD Canada demande l’engagement de tous les parlementaires
à faire de la conduite avec facultés affaiblies
une question de justice prioritaire, à prendre des
démarches dans les domaines relevant directement du
gouvernement fédéral et à assumer un
rôle de premier plan dans les domaines à compétences
partagées.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le
site Internet de MADD Canada : www.madd.ca.
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